Brasil sempre

Amigos ! Les caprices de la météo ne nous ont pas permis de nous promener avec les baleines des Abrolhos, nous les avons vu de loin seulement, quelques souffles et autres disputés à la grosse houle de sud, des fous bruns profitant de la traversée pour se reposer un peu, et puis, dans l’Etat de Bahia, la magie retrouvée de la mangrove, des pirogues, des saguis, petits singes acrobates et curieux…Tout se passe sur l’eau ici, du transport scolaire à celui des mules, on pêche à la voile, les derniers saveiros naviguent encore sans moteur, poussés par la brise et les courants. Découvertes, Cairu et les splendeurs de l’ancien couvent des jésuites, les ibis rouges qui poussent comme les coqueliqots à Maragojipe, Valença, ville grouillante sortie de la mangrove . La ressemblance avec l’Afrique est frappante, même les forts portuguais sont là ! L’eau nous entoure, c’est un entrelacs de rios, de bancs de sable et de vase hérissés de pièges à poisson, et partout la même chaleur, la même gentillesse. Dommage qu’on ne puisse pas rester plus longtemps….

 

 

Rio Grande do Sul

 

Rio Grande do Sul, notre porte d’entrée au Brésil. Nous ne pensions pas nous arrêter si tôt, mais nous avions oublié la magie de la lagune, ses oiseaux, ses lumières, ses brumes. Tout est calme ici dans le « lagoa dos patos ». Les barques vont et viennent depuis l’isla dos marinhieros, chargées de cageots de salades et autres légumes pour le marché communautaire, à quelques pas d’ici. Les charrettes à cheval n’ont pas encore capitulé devant les voitures et camions, les chiens errants dorment dans la rue, les gauchos nostalgiques passent envellopés de leur grande cape noire doublée de rouge, bottes de cuir et berêt. Retrouvailles avec le portuguais chantant des brésiliens, avec les fruits, les légumes, le marché aux poissons….

C’est bon de retrouver le Brésil.

 

La Paloma

Il nous a bien fallu quitter l’Argentine, même si cela a été difficile de nous séparer de nos amis du « Club Vito Dumas » de Quequen, de laisser derrière nous les assados, la gentillesse et la bonne humeur de ces gens, toujours prêts à rendre service, à discuter, ou à partager une « Quilmes », la bierre nationale. Nous partons pleins de souvenirs et nous savons que nous reviendrons. Un dernier passage à Mar del Plata, le temps de visiter la frégate « Libertad », fraichement échappée de son escale prolongée à Tema, Ghana, victime des « fonds vautours », de faire un tour au musée, cette fois ci, Vito Dumas, de profiter encore une fois des ciels de la pampa. La mer a été gentille, un peu trop peut-être, et nous avons retrouvé l’Uruguay. Ici, à La Paloma, on se croirait parfois en Bretagne, tellement la mer est « brave ». Des dunes, des rochers, des forêts de pins et d’eucalyptus, des oiseaux, le phare, des plages immenses et presque désertes, des lagunes, des lobos bien sûr, mais plus discrets.
Le Brésil n’est qu’à soixantes milles, on va encore attendre un peu que les vents soient favorables, et nous ferons notre route au Nord, vers Panama et le Pacifique. Nous pensons avoir fait le bon choix, et nous ne pouvons pas regretter d’avoir connu cette Argentine où nous nous sentons si bien.

Une nouvelle route pour Skøiern

Hola amigos !
Nous sommes à Puerto Quequen (Necochea ), 38°33′,77 S / 58°42′,87 W , où nous sommes revenus après une tentative pour aller à Puerto Madryn. Mais les vents en ont décidé autrement. Après 4 jours de lutte nous avons rejoint Quequen, au très bon Club de yate Vito Dumas. Il nous semble que la saison est déjà très avancée, nous devions partir début novembre mais un petit séjour en clinique (pour le Capitaine) nous a retardé de plus d’un mois. Le temps est très instable, avec une forte proportion de vents contraires. Nous n’avions encore jamais navigué sous voilure aussi réduite, ni étions restés si longtemps à la cape, et nous savons que cela ne va pas s’améliorer, c’est encore pire plus sud. Alors, pour ne pas trop faire souffrir notre bateau, qui a quand même bientôt 100 ans, nous avons décidé de repartir par le Nord ( début mai 2013) via le Brésil, Tobago, Panama et le Costa Rica à la fin 2013, puis les Marquises et selon ce que nous ferons alors entre temps, le Chili et les canaux de Terre de feu en 2016, mais cette fois ci vent arrière et courant portant, ce qui fait toute la différence. Notre programme ne change pas, seulement un peu dans le désordre, nous n’avons pas encore renoncé à naviguer dans cette partie du monde qui occupe notre esprit depuis si longtemps.

Skøiern et son équipage vont bien.